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Lesen Sie Publikationen von Philippe Karl
Article : Réponse de Philippe Karl à la critique de Dr. Gerd Heuschmann
2010/2/25 16:07:00 (7202 reads)

Réponse de Philippe Karl à la critique de Dr. Gerd Heuschmann

Le 21 novembre 2009, Dr. Gerd Heuschmann et Philippe Karl assuraient ensemble à Verden en Allemagne une présentation d’une journée qui attira 3100 spectateurs et fut saluée par une « standing ovation » prolongée.

Philippe Karl et sa femme Bea Borelle prièrent par la suite M. Heuschmann de leur faire part de son opinion concernant la présentation. Il leur répondit fin novembre par un email très critique.

M. Heuschmann ayant jugé nécessaire de publier ce courrier personnel dans le numéro de février de la revue équestre allemande « Pegasus – Freizeit im Sattel », Philippe Karl a décidé de rendre sa réponse également accessible au public par le biais de son site Internet.

Cette réponse de Philippe Karl à Gerd Heuschmann est reproduite ci-dessous.






           10 février 2010
 
Cher Gerd,
 
            Si je ne vous réponds qu’aujourd’hui, c’est qu’un temps de réflexion s’imposait, et que j’avais d’autres priorités.
            Avant de commenter votre courrier du 26.11.2010, sur la journée de Verden, permettez que je fasse un rapide historique de nos relations. Il est édifiant :
 
            • Mars 2008

            Dans la revue « Dressur-Studien » : En réponse à une interview, vous disiez ceci :
            « Autant que je puisse en juger pour l’instant, le « Schwung » joue un rôle important chez Philippe Karl, contrairement à certains autres instructeurs.
M. Karl est un brillant cavalier. Sans aucun doute, la plupart des chevaux que j’ai vus montés par lui dans ses vidéos se déplacent en utilisant correctement leur dos, avec beaucoup de « Schwung » et les postérieurs actifs. Les chevaux plus âgés, plus avancés dans leurs dressage le font à tout instant. Je ne peux pas juger sa méthode de façon définitive, car je n’en ai pas encore fait la connaissance personnellement. »
 
            • Septembre 2008

            Après votre visite à mon cours à Fintel (juin 2008), voici ce que vous écriviez dans la revue « Piaffe » :
            « ... ce que j’ai eu l’honneur de voir correspond à l’idéal que j’ai de l’équitation de dressage. Nuques souples, « Anlehnung » la plus fine, chevaux toujours prêts à s’étendre, et des allures pleines de « Schwung » avec en même temps une relation des plus fines entre la main du cavalier et la bouche du cheval. Au fond, le travail de M. Karl correspond exactement à la philosophie des bonnes équitations du siècle dernier.
            Je ne comprends absolument pas pourquoi M. Karl ne jouit pas d’une haute estime correspondante, surtout dans le sport de haut niveau. Ma visite du stage m’a encore démontré dans quel cul-de-sac se trouve l’équitation de compétition. Il y a vraiment de quoi désespérer et se résigner, Mais comme ce sont les chevaux qui sont martyrisés chaque jour, nous n’avons pas le droit de nous retirer dans notre coquille. Nous devons penser à l’avenir et ramener la culture équestre du dressage, sous tous ses aspects, dans la conscience humaine. Depuis quelques jours, je suis convaincu que M. Karl joue dans ce contexte un rôle décisif. »
 
            • Février 2009

            Stage organisé à Fintel : « Gerd Heuschmann rencontre l’Ecole de Légèreté ». Je n’y étais pas. Devant 250 personnes, vous avez abondamment fait l’éloge du travail de mes élèves.
 
            • Juin 2009

            Lors d’un stage se tenant à Norderstedt, vous avez relaté votre visite de novembre 2008 dans mes écuries, en ces termes :
            « J’ai contrôlé le dos et l’encolure des chevaux de Philippe Karl et de ses stagiaires. Ils étaient tous remarquablement souples. »
            Nombreux furent les témoins de ces propos.
 
            • Juillet 2009

            Dans la revue australienne « The horse Magazine », vous disiez ceci :
            « J’ai eu de la chance, quatre ou cinq de ses instructeurs étaient là, à cheval. Et je n’en croyais pas mes yeux, ça c’était du dressage, incroyable ! Toute la journée. Ils ne m’ont pas montré un seul trucage de toute la journée. Travail sur des rênes longues, piaffer, passage, mais un vrai piaffer sur les postérieurs. C’était du dressage parfait.
            Il est très spécial, il utilise les mains hautes, mais je suis allé chez lui deux jours pour l’étudier. Il a quelques idées très intéressantes. Si l’on utilisait quelques unes de ses idées, alors on pourrait empêcher les gens de tirer. Il n’est pas nécessaire de tirer. Dans sa manière, le cheval commence par donner sa bouche, il se décontracte et monte son dos.
            Depuis que j’ai visité M. Karl et compris sa philosophie à propos de la nuque et de la cession de mâchoire (biomécaniquement), tout est cohérent. »
 
            • 23 septembre 2009

            À Frickingen (Bodensee), un stage est organisé par deux de mes instructeurs : Claudia Steiert et Sylvia Stoessel. Elles vous ont présenté leurs chevaux, et vous les avez publiquement félicitées pour la qualité de leur équitation.
 
            • Octobre 2009

            À Warendorf, vous rencontrez les autorités fédérales (celles qui en avril, voulaient se défaire de vos services). Le numéro de novembre de la revue officielle « PM Forum », en rend compte sous le titre suivant : « Le Dr. Heuschmann est reçu par la FN. Unité sur la question. »
 
            • Début novembre 2009

            Au téléphone, vous me tenez les propos suivants :
            « Dans tous les pays où je me rends, nous sommes tous les deux considérés comme la seule opposition fiable à la FN. Nous avons là un formidable pouvoir politique ! Avant Verden, nous devrions en parler pour voir comment l’utiliser... »
            J’ai répondu ceci : « J’ai bien conscience de ce pouvoir politique, mais une chose est certaine : je ne rentrerai dans aucun jeu politicien... je le connais trop bien. Je souhaite être utile, mais je tiens à rester indépendant... »
 
            • 21 novembre 2009 à Verden

            À ma demi-surprise, car tout cela était déjà cousu de fil blanc, votre attitude a radicalement changé.
            Exposé théorique. En une heure et demie, j’ai démontré (données scientifiques à l’appui) qu’un dressage fondé sur les besoins biologiques du cheval menait tout droit au concept bien compris de LÉGÈRETÉ... rejetait sans appel le « système global », l’opposition des aides, les mains basses, les muserolles serrées et les enrênements quels qu’ils soient... et permettait de tirer en douceur le meilleur parti de n’importe quel cheval.
            Cette conférence a été fréquemment applaudie. Cependant vous ne l’avez pas écoutée un seul instant. Ce fut assez ostentatoire pour n’échapper à personne. Vous n’avez cessé de bavarder avec Mme. Sonntag, la sommité équestre bien connue.
            Dommage, car vous aviez beaucoup à y apprendre.
            – De même pendant les présentations équestres, vous n’avez cessé de courir d’une autorité fédérale à l’autre (officieusement présente, bien entendu). Vous n’étiez pas à l’écoute... vous étiez au rapport ! Sans doute pour savoir quoi penser.
            – Et que dire de vos commentaires après chaque présentation ? Vous nous avez récité votre leçon, servi tous les dogmes du manuel officiel, avec l’aplomb et la mauvaise foi du parfait affidé.
            Mais nous y reviendrons plus loin, dans le détail.
 
            • Après Verden

            Depuis cet événement, vous ne cessez de répéter en tous lieux : « Je me suis trompé au sujet de l’équitation de Philippe Karl. »
            Mais cela ne vous a pas empêché de proposer à Christiane Horstmann (une de mes instructeurs présents à Verden, à cheval), le 22 décembre en vous rendant à une réunion de l’association Xenophon : « Je vous donne un de mes chevaux personnels à dresser. Et vous viendrez le présenter dans mes stages. »
            Elle a bien sûr poliment décliné cette offre. Il y a des gens qui ont de la suite dans les idées.
 
            A propos de vos prestations. Si vos exposés de biomécanique sont appréciés, il n’en va pas de même de votre équitation. Elle est jugée sommaire et prête à sourire, car vous calez souvent sur des problèmes simples. D’ailleurs, fin 2008 et début 2009, à plusieurs reprises vous avez mis à contribution certains de mes élèves, pour vous aider à sortir d’impasses équestres. C’était sympathique et de bon augure. Malheureusement, vous avez par la suite réutilisé certains procédés, comme autant de trucs... sans les avoir compris, et mal à propos. Et bien entendu, comme cela ne fonctionnait pas bien, vous en avez conclu que le « système » est contestable. Classique égarement des egos surdimensionnés...
            Vous êtes sans doute un brillant vétérinaire, mais vous commettez la faute grave de vous prendre pour un cavalier à la hauteur.
 
            Morale de l’histoire

            Cher docteur, au bout du compte, quand êtes-vous sincère ? Et quand peut-on vous croire ?
            Dans toutes vos volte-face, quelle est la part de l’incompétence ? Et quelle est celle de la duplicité ?
            En tous cas, laissez-moi vous dire que vos comportements ont été pour le moins discourtois et déloyaux.
            C’est ainsi, il y a des gens qui ne terminent jamais un combat dans le camp où ils l’ont commencé. Et ils trouvent de plus le culot de se plaindre de leurs alliés. Ce n’est pas mon style. Je ne vous ai d’ailleurs jamais réclamé aucune caution, car je n’en ai nul besoin.
 
_________________
 
            Venons en maintenant aux aspects techniques de votre courrier. Morceaux choisis de la leçon d’équitation que vous avez bien voulu m’adresser :
 
            Déception
 
            « La dernière présentation avec les huit chevaux à Verden m’a déçu. Il n’y avait pas besoin de montrer des super chevaux de dressage, mais les chevaux présentés ont juste fait leur ronde. J’avais un peu espéré que ces chevaux allaient briller. Il me manquait RYTHME, dynamique et souplesse (ce qu’un petit cheval normal devrait être capable de montrer après des années de dressage).
            ... depuis Verden, mon impression que quelque chose ne va pas avec ton système s’est confirmée. »
 
            Dans les faits, conformément à mon exposé et comme annoncé en préambule, nous avons présenté des sujets variés, ordinaires, voire médiocres (au modèle comme aux allures) : un entier FRISON, deux entiers IBÉRIQUES, un QUARTER HORSE, une jument ARABE, un croisé HAFLINGER et deux WARMBLOODS (l’un ruiné en CSO, l’autre en dressage).
            Les images tournées sur place en témoignent : cette présentation didactique comprenait la détente, un travail complet de deux-pistes aux trois allures, changements de pied et pas espagnol pour certains, piaffer et passage pour tous (à des degrés divers d’avancement). Le tout régulièrement ponctué d’extensions d’encolure et de temps de repos, en place, rênes sur l’encolure.
            Mais évidemment, de tout cela vous n’avez rien vu. Dans tout votre courrier, il n’y a pas un mot de positif pour les quatre heures de présentation que nous avons assumées.
  • Vous n’avez pas vu que dans le lot se trouvaient ces chevaux que vous aviez tant admirés à Fintel en juin 2008.
  • Vous n’avez pas vu les bouches aimables sur des rênes demi-tendues !
  • Vous n’avez pas vu le calme et la confiance de chevaux qui n’ont aucune habitude des présentations publiques !
  • Vous n’avez pas vu l’absence de recours à la force et la bonne humeur générale !
            Il n’est pire aveugle que celui qui ne VEUT pas voir.
 
            Nous ne prétendions pas à la perfection. Nous souhaitions simplement donner à réfléchir aux cavaliers qui croient tout savoir parce qu’ils ont le privilège d’exploiter d’excellents chevaux... Nous voulions montrer une issue rationnelle et respectueuse du cheval à la foule de ceux que l’équitation officielle mène dans une impasse désespérante.
            Enfin, si l’on veut bien se rappeler (comme annoncé au début) que ces chevaux ont été dressés par les élèves eux-mêmes, et avec le soutien de seulement douze jours de cours par an... voilà une petite « ronde » dont beaucoup aimeraient se contenter et qui suffit amplement à démontrer la supériorité de cette philosophie équestre.
            D’ailleurs, une femme instructeur FN, éleveur de Hanovriens, et qui a une longue expérience de la compétition, tant en dressage qu’à l’obstacle, a jugé cette présentation en ces termes : « Je n’ai jamais vu d’aussi mauvais chevaux, aussi bien montés. »
            Mais pour apprécier de la sorte, il faut avoir une connaissance pratique approfondie des problèmes de dressage... un peu de bon sens et une certaine objectivité. Or les appréciations que vous portez sur les élèves et leur travail sont suspectes à force d’injustice. Elles sont teintées de mépris. Elles sentent la mauvaise foi et la malveillance. Ne suinteraient-elles pas aussi quelque peu la servilité politique ?... voire l’envie ?
            C’est votre affaire. Mais je préfère de loin être à ma place qu’à la vôtre.
 
            Politique
 
            « Je crois que du point de vue politique, nous n’avons pas atteint notre but à Verden (trop de personnes sont parties l’après-midi et n’ont, comme moi, pas compris ce qu’elles ont vu). »
 
            Il est vrai que des spectateurs sont partis avant la fin. Mais pourquoi oubliez-vous de dire que nous avons dépassé l’horaire prévu de près de deux heures ?!
            Vous préférez avancer que ce serait parce que ces gens n’auraient pas compris ce qu’ils ont vu. Interprétation tendancieuse de quelqu’un qui prend ses désirs pour la réalité. Et en admettant que certains n’aient pas compris... il faut reconnaître que vous avez tout fait pour les y aider.
            Vous avez décidément des sens significativement sélectifs. Vous ne voyez rien de bon dans l’équitation présentée... mais vous voyez parfaitement les départs avant la fin ! L’ouïe maintenant : pourquoi passez-vous sous silence la « standing ovation » prolongée qui a salué la fin de ces présentations ?
            Auraient-elles écorché les oreilles de votre ego et contrarié vos manœuvres ?
 
            Si j’en crois les nombreuses retombées positives qui nous sont parvenues, ne vous en déplaise, j’ai atteint mon but. Vos préoccupations « politiques » me sont indifférentes. Seule l’équitation m’intéresse. Et je ne saurais trop vous conseiller de l’étudier et la pratiquer en profondeur, avant d’avoir le verbe si haut.
 
            Rythme
 
            « ... le cavalier doit donner à son cheval la possibilité de trouver SON rythme individuel. ... D’après moi, il est trop souvent simplement ignoré, les chevaux sont chassés en avant dans un tempo trop rapide et ne font que courir. Aussi, dans ta philosophie, je vois des chevaux qui courent de façon arythmique, ce qui selon moi rend impossible d’atteindre l’élixir de vie « rythme ». »
 
            Les chantres de l’orthodoxie équestre sont critiques. Pour eux qui ne présentent que des « machines à trotter » dans des « dressage shows », quelle délectation de pouvoir critiquer des chevaux sur lesquels ils n’imaginent même pas de monter. Car, apprécier ce que nous leur avons expliqué et montré les obligerait à se remettre en question.
            C’est très beau de pérorer avec lyrisme sur le thème du rythme. Mais concrètement, de quoi dépend-il au juste ?
 
            Les aptitudes naturelles
 
            Une sélection impitoyable a réussi à produire des chevaux qui ont un rebond spectaculaire et qui, comme le demandait Gustav Rau, « présentent dès la naissance toutes les caractéristiques du cheval dressé ».
            Revers de la médaille : même grossièrement montés, ils restent d’immuables métronomes, et gagnent... jusqu’au jour (souvent très tôt) où le physique lâche (sans parler du moral).
            Dans ce cas, le RYTHME est surtout un bon investissement, souvent utilisé à la promotion d’une équitation exhibitionniste et désastreuse.
            En faire un critère absolu de jugement a largement contribué aux dérives du dressage actuel.
 
            Au travail, on peut certes obtenir un RYTHME lent et régulier d’un cheval aux allures médiocres : en le laissant traîner les pieds et dormir debout ! Beaucoup de cavaliers (dits baroques, entre autres) procèdent de la sorte. Mais quid de l’impulsion ? Faut-il renoncer à toute mise en avant au nom du sacro-saint RYTHME ?
            Dans le dressage du cheval qui a de médiocres allures, le RYTHME résulte du meilleur compromis entre l’équilibre (attitude), la vitesse (activité), et la décontraction... C’est une gestion délicate de chaque instant qui tient constamment le cavalier sur le fil du rasoir. Et les altérations du rythme sont quasi inévitables.
 
            Le dressage de N’IMPORTE QUEL CHEVAL ne peut se satisfaire de visions aussi simplistes et dogmatiques. Le RYTHME est très important, mais il n’est ni le premier, ni le seul critère de travail. Principe de réalité oblige.
            Mais c’est ainsi. L’enfant gâté se prend pour Schumacher parce qu’il pilote une Ferrari à 200 km/h (50% de son potentiel)... et méprise volontiers celui qui prépare et conduit à 150 km/h n’importe quelle modeste bagnole. Pourtant, où se trouve la vraie compétence ?
 
            La taille
 
            La physique des mouvements oscillatoires le montre clairement avec le pendule ou le métronome : plus le segment est court, et plus le rythme du mouvement s’accélère... et inversement. On peut toujours s’indigner de ce que le JACK RUSSEL n’ait pas d’aussi bons rythmes que le GREY HOUND et précipite parfois... cela n’a aucun sens, et relève soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi.
            Avez-vous déjà vu des petits chevaux passer devant les grands en compétition de dressage ?
            Vous avez pourtant noté vous-même que la plupart des chevaux que nous avons présentés étaient « petits », voire très « petits » ! Mais il est vrai que le besoin de critiquer ce que l’on serait bien incapable de faire, joint à l'impérieuse nécessité de flatter la pensée officielle, anesthésie toute réflexion lucide.
 
            L’équilibre
 
            « Tout ce que tu dis au sujet de la bouche et de sa décontraction est sans conteste absolument juste, et cela manque la plupart du temps dans la façon de penser des cavaliers allemands... Malgré cela, je suis persuadé que le concept d’équilibre dans tout le corps du cheval joue le rôle le plus important. Je crois que le corps souple (et là, incontestablement, le dos se trouve au milieu) est la chose la plus importante pour nous cavaliers. Nous sommes assis sur le dos, et sans un dos souple, aucun être vivant ne peut se mouvoir de façon équilibrée et non troublée. Ont une influence négative sur ce dos, le cavalier mal assis, ainsi que le cavalier qui enlève au cheval ou exerce une influence négative sur son balancier, la tête et l’encolure. »
 
            « Le dos est au milieu », « nous sommes assis sur le dos », et le cavalier mal assis a « une influence négative sur ce dos »... j’ai une confidence à vous faire : JE LE SAVAIS !
            Soyons sérieux. En mélangeant tout on est sûr de ne rien étudier à fond. C’est là une des néfastes conséquences (intellectuelle celle-là) de la « pensée globale ».
            RYTHME, ÉQUILIBRE et SOUPLESSE sont fondamentaux… fort bien ! Mais cela ne nous instruit pas plus que de nous révéler qu’il vaut mieux être riche et bien-portant que pauvre et malade.
            L’ÉQUILIBRE est donc fondamental. D’accord, mais lequel ? Et comment ?
            Un cheval de 450 kg (bien conformé) et monté par un cavalier de 75 kg, dans une attitude naturelle, présente une surcharge des antérieurs d’environ 1/7 de la masse totale (75 kg pour un ensemble de 525 kg).
            Une extension correcte de l’encolure augmente encore cette surcharge de 20 à 25 kg (charge des antérieurs moins charge des postérieurs environ égal à 100 kg). Elle amène beaucoup de chevaux à précipiter. Rythme ?
 
            Question : Faire quotidiennement des kilomètres le nez parterre (sous prétexte que cela étire son dos), est-il de nature à mettre le cheval en EQUILIBRE ?
            Beaucoup de chevaux finissent par compenser ce déséquilibre en s’appuyant sur la main et en CONTRACTANT leur dos. Car vous ne pouvez l’ignorer : un muscle peut aussi bien se tétaniser en hypermétrie, qu’en isométrie ou en hypométrie. C’est physiologique.
            Toutes les conformations seraient-elles passibles du même traitement ? Méfiance avec les soi-disant panacées : elles ont souvent des effets pervers.
 
            Trêve de langue de bois : seul le relèvement de la base de l’encolure peut améliorer l’équilibre (moins 20 à 25 kg, au lieu de plus 20 à 25 kg. Surcharge des antérieurs: 50 kg, retour à l'équilibre du cheval non monté.). Cette correction de l’équilibre améliore le contact… et bien souvent le RYTHME de l’allure.
 
            Questions :
  • En quoi un meilleur équilibre (moins sur les épaules) pourrait-il nuire à la décontraction, la souplesse, et en conséquence au RYTHME ?
  • Pourquoi les chevaux doués ont-ils tous des encolures greffées haut ?
  • Pourquoi les DRESSEURS se gardent-ils bien de prendre des chevaux à l’encolure naturellement horizontale (pur-sang anglais, par exemple) ? Ils devraient pourtant séduire le « Rollkur » club, récemment reconverti en « Long, Deep and Round » club !
 
      A vous entendre, demander le relèvement de l’encolure exercerait une « influence négative » sur le balancier du cheval… tandis que le contraindre à rester vers le bas serait toujours bénéfique. Encore un de ces concepts réducteurs qui empoisonnent l’équitation !
            Un BALANCIER est une PIÈCE MOBILE au service de CHANGEMENTS D’ÉQUILIBRE. Demandez aux équilibristes. Il convient donc d’apprendre à s’en servir avec à-propos. Une précision utile : la main ne relève pas l’encolure… elle DEMANDE au cheval de la relever. Le cheval qui COMPREND cette requête, modifie son attitude avec SES muscles releveurs.
            Enfin, si ce que je dis « au sujet de la bouche et de sa décontraction est absolument juste », tirez-en donc toutes les conséquences. Et dites-moi comment des chevaux qui la donnent constamment, de l’extension d’encolure au piaffer et au passage, pourraient travailler faux ?
 
            L’assiette, l’assiette… l’assiette

            Le discours récurrent sur l’assiette est un excellent moyen d’éluder ou d’occulter tout le reste.
            Une bonne assiette suffirait à tout ? Et bien NON ! Elle est importante, nécessaire, mais pas suffisante. Le dressage actuel en administre une preuve accablante.
            Même Gustav Steinbrecht, pourtant anti-Baucher pathologique, admet qu’une bonne main supplante une bonne assiette : « … le cavalier qui possède une main réellement bonne est un maître de l’équitation, quand bien même par sa position et sa façon de se comporter à cheval, il apparaîtrait au profane comme un cavalier défectueux, tandis que tel autre, avec une main réellement mauvaise, ne fera jamais un cavalier au vrai sens du mot, quelque séduisant qu’il soit par la solidité de son assiette, par son cran et son élégance, étant donné que son défaut ne peut provenir que d’un manque de sens et de compréhension du cheval. »
            Relisez vos classiques, ils sont instructifs, car moins manichéens qu’on ne s’applique à nous le faire croire.
 
            A propos d’assiette. Elle est également une aide qui consiste à judicieusement répartir son poids dans la selle.
            Par exemple : des données élémentaires d’ÉQUILIBRE et de LOCOMOTION démontrent que l’assiette doit être surchargée vers l’extérieur, pour l’épaule-en-dedans et le départ au galop (cf. mon livre)… contrairement à ce que prétend votre doctrine.
            Pour avoir une BONNE ASSIETTE il ne suffit donc pas d’être bien assis, encore faut-il que le cavalier en ait un emploi intelligent et pertinent.
            A ce plan là aussi, votre réflexion reste tout à fait insuffisante.
 
            Travail global
 
            « … je pense qu’un cheval (et je sais que c’est là une façon de voir les choses fondamentalement différente) doit toujours trouver son équilibre et se décontracter dans le mouvement en avant. »
 
            Mais voyons ! C’est évident !
  • C’est en faisant courir les bébés qu’on doit leur apprendre à tenir debout sur leurs jambes… 
  • Et plus tard, les mêmes apprendront à tenir en selle, utiliser le guidon, les freins, et pédaler, en étant lâchés dans une descente.
            Qu’il y ait quelques survivants ne prouve en rien l’excellence du principe.
 
            C’est le sacro-saint dogme du « dressage global » et son autoritarisme : le cheval « DOIT TOUJOURS » se plier à vos convictions. Ni explication, ni justification. Le grand inquisiteur vous le dit : « Le soleil tourne TOUJOURS autour d’une terre qui DOIT être plate. »
 
            NON et NON ! C’est NOUS qui DEVONS TOUJOURS nous inspirer de données scientifiques avérées pour faire coller nos concepts de dressage aux besoins biologiques du cheval. A ce sujet, je vous soumets la lettre d’une spectatrice de Verden, Eva Wiemers:
            « Un tel PROCÉDÉ GLOBAL est (si l’on en croit les sciences du comportement) une complète absurdité, non seulement pour l’apprentissage du cheval, mais aussi pour l’instruction du cavalier.
            N’est-ce pas une honte de constater combien peu les découvertes des sciences comportementales des cinquante dernières années ont pu pénétrer dans le monde de l’équitation ?
            Les discussions autour de M. Karl montrent que sa méthode pour établir des aides univoques n’est guère prise en considération et encore moins comprise. A cet égard, j’ai l’impression qu’aucun entraînement animal n’est aussi fermé aux innovations que le monde de l’équitation. »
 
            Contrairement à ce que vous prétendez, il y a des gens qui ont très bien compris à Verden. Ne vous faites aucune illusion, ils seront de plus en plus nombreux. Restez confit dans vos archaïsmes si le cœur vous en dit, mais attendez-vous à être de plus en plus marginalisé. Le mouvement est en marche, inexorablement.
 
            Engagement des postérieurs et relèvement de l’encolure
 
            « Le relèvement durable de l’encolure doit selon moi toujours être le résultat du rassembler. Il ne doit jamais être le résultat de la main, je crois que la flexion des hanches (le rassembler) le rétrécissement de la base de sustentation, résultent bel et bien d’un rassembler croissant. Un cheval qui relève son bout-de-devant sans s’abaisser derrière est forcé à court ou moyen terme de fermer son dos et soit de perdre la régularité de ses gestes (boiteux de la bouche), soit de devenir raide comme une planche. »
 
            Encore des TOUJOURS et des JAMAIS… Encore une affirmation péremptoire sans aucun fondement rationnel. Encore une contre-vérité. Vous ne nous en aurez épargné aucune.
 
            La locomotion animale est une science intéressante, étudiée par des gens sérieux, et que l’équitation ne peut se permettre d’ignorer. Analysez des milliers de photos de chevaux montés au trot :
  • Qu’ils soient au trot allongé, dit de travail, rassemblé ou d’école… les membres de la paire diagonale à l’appui restent toujours strictement PARALLÈLES.
    Et mieux encore : dans la forme la plus rassemblée du trot, le PASSAGE, les membres à l’appui ne convergent jamais. Les bases sont même très souvent OUVERTES par l’ARRIÈRE.
  • Ce RASSEMBLER là ne s’accompagne donc d’AUCUN raccourcissement des bases de sustentation ! Les foulées se raccourcissent, pas les bases.
 
            Conclusions
  • Dans ce mouvement en avant si cher à votre fameuse « méthode globale », le relèvement de l’encolure ne peut EN AUCUN CAS résulter d’un rassembler provoqué par la raccourcissement des bases de sustentation… pour la simple raison que ce dernier est une pure vue de l’esprit !
  • C’est au contraire le relèvement de l’encolure (équilibre oblige) qui, conjugué à l’activité, amène le rassembler dans le mouvement en avant.
  • C’est seulement quand il manie sur place ou presque (piaffer, galop très rassemblé) que le cheval peut et doit raccourcir ses bases.
  • Sérieusement analysé, le rassembler est un phénomène complexe et multiforme. Il ne peut en aucune manière se réduire à l’engagement des postérieurs sous la masse.
            Comme le système qui vous a endoctriné (tout scientifique que vous êtes), vous avez du dressage en général, et du rassembler en particulier, des conceptions simplistes et tragiquement réductrices…
            Le cheval est le MAÎTRE… et il se moque de vos idées toutes faites. Malheureusement, il en fait les frais.
 
            Tout cela est clairement DÉMONTRÉ dans mon livre. Mais, ou bien vous ne l’avez pas lu, et c’est navrant… ou bien vous n’en avez rien retenu, et c’est franchement inquiétant.
 
            A bas la main ! Vive l’assiette !
 
            « Pour moi, il est de plus en plus clair que l’assiette joue le rôle le plus important qui soit, et les mains deviennent un problème pour beaucoup de cavaliers parce que justement l’axe cerveau–main est si forte chez l’homme. »
 
            Sur ce point, vous avez à la fois tort et raison.
 
            TORT : Quand un cavalier se trouve en difficultés, et qu’il réagit en tirant sur les rênes, c’est un acte réflexe. Ignoreriez-vous que dans ce cas l’influx nerveux fait un aller-retour relayé par la moelle épinière ? En ne passant donc pas par le cerveau ?
            RAISON : Vous avez vraiment raison ! L’axe cerveau–main devient un grave problème… quand il y a eu « lavage de cerveau » ! Quand une doctrine équestre intégriste a ôté tout bon sens au cavalier en lui inculquant des dogmes contre-nature tels que : tout est dans l’assiette, jamais d’emploi de la main sans des jambes actives, mains fixes et basses… Au bout du compte, le cavalier a également des IDÉES FIXES et basses.
 
            En bonne logique, cette doctrine « décérébrée » oublie que le cheval a un cerceau, et fait fi de toute communication. Cela produit une équitation physique, autoritaire et grossière de bodybuilder… et les ravages qui en découlent.
            Par quel miracle l’axe FESSES–DOS pourrait-il produire une équitation plus intelligente et sensible que l’axe CERVEAU–MAIN ? C’est absurde !
            Enfin ! A chacun ses outils de prédilection.
 
            SEUNIG à la rescousse !
 
            « Quand Seunig dit : « A la fin, il n’y va plus que de l’assiette et des postérieurs », c’est la phrase qui décrit exactement ma perception. »
 
            La phrase de Waldemar Seunig fait partie de ces belles formules qui ne disent rien et servent surtout à se tirer une balle dans le pied.
  • La fin est certes intéressante, mais le dressage réside précisément dans tout ce qui la précède. Car « le but, c’est le chemin ».
  • A la fin, il n’y a plus de main ? La belle affaire ! Seunig présentait-il ses chevaux les mains dans les poches ? en creux, la formule confirme qu’AVANT la fin, il y a des mains (et même des enrênements !). Autant étudier sérieusement leur emploi… avec son CERVEAU.
  • La formule d’Étienne Beudant « une bonne main suffit à tout » en dit infiniment plus. Méditez-la !
            Le dressage n’est pas seulement une affaire de fesses, de dos et de postérieurs. C’est un art complexe qui met en jeu un faisceau de connaissances : psychologie, éthologie, anatomie, physiologie, équilibre, locomotion, biomécanique… Ajoutez-y une solide culture équestre, esthétique, éthique.
            Nier tout cela confine à l’obscurantisme.
            Écuyer du Siècle des Lumières passé à la postérité, Dupaty de Clam écrivait déjà en 1776 : « Il est bien plus sage de prendre pour guide des sciences connues, que de se livrer à son caprice. »
 
            Quant à votre « perception » personnelle, de l’équitation… nous la prendrons en considération le jour où vous aurez complètement dressé une dizaine de chevaux de toutes sortes. En attendant, il serait décent de pratiquer la modestie.
 
–––––––––––––––
 
            EN RÉSUMÉ… vos commentaires sont bien « décevants » et typiques de la pensée officielle :
 
             Vous ne démontrez rien, ni en pratique, ni en théorie… vous nous assénez des convictions. C’est bien pratique les convictions, cela dispense de toute justification par des explications rationnelles. D’où cette rhétorique de propagande : verbeuse, spécieuse, et truffée de sophismes.
            Dans la bouche d’un instructeur assermenté, c’est excusable… dans celle de quelqu’un qui a une formation scientifique, c’est consternant.
 
             Si vous avez courageusement dénoncé les effets désastreux du dressage actuel, en termes vétérinaires, vous n’en avez nullement analysé les causes équestres profondes. Attendu qu’elles se trouvent à l’évidence dans les principes du SYSTÈME que vous défendez, vous n’avez bien sûr aucune solution à proposer.
            Dès lors, il devient nécessaire d’ignorer mes thèses, de caricaturer mes propos, de juger déloyalement mes élèves, de recourir à la désinformation et à la manipulation.
 
             Enfin, il est trop commode, et quelque peu indécent, de s’abriter derrière un avantageux statut de vétérinaire pour jouer les censeurs dans des domaines que vous ne maîtrisez aucunement.
 
            Votre courrier s’achève ainsi : vous dites m’estimer « … en tant qu’un des plus grands HIPPOLOGUES de notre temps ». Je représenterais à vos yeux « … la protection des chevaux dans le sport équestre ».
 
            Si vous le dites ! Mais comme j’ai appris ce que valaient vos enthousiasmes superlatifs, permettez que j’apporte une précision : je suis avant tout un ÉCUYER (mot sans équivalent). Définition courante : l’ÉCUYER est celui qui, en raison d’une longue pratique de l’équitation sous tous ses aspects, d’une culture équestre approfondie et d’une grande connaissance du cheval (ici se tient l’hippologue)… dresse des chevaux et forme des cavaliers de qualité.
            J’ai eu l’honneur de me voir décerner ce titre il y a 25 ans, après 20 ans de pratique. Je tiens à le faire respecter comme il convient.
 
            Vous écrivez également ne vouloir me perdre en aucun cas « … comme partenaire de discussion, hippologue, et peut-être comme ami ???!! »… ! (celui-ci est de mon cru).
  • Sur l’abondante ponctuation finale, nous sommes d’accord…
  • Ceci étant, le « partenaire de discussion » a besoin que le débat soit d’un autre niveau que celui dans lequel vous vous complaisez…
  • L’ÉCUYER ne veut plus être le jouet, la caution, ou l’otage, de représentants de commerce qui ne sont même pas porteurs d’échantillons.
  • Enfin, à l’exemple de LÉGÈRETÉ, ÉQUILIBRE, ou RASSEMBLER… AMITIÉ est de ces mots à ne pas galvauder, car ils ont un sens profond qui n’a de valeur que dans les actes.
            Votre dernier mot : « Je peux m’imaginer que tu es peut-être las de toujours donner des explications. »
            En effet, j’en ai assez de servir de faire valoir à des interlocuteurs qui répondent aux démonstrations par de simples convictions, à l’évidence des faits par de la mauvaise foi… et pour finir à des enjeux culturels graves par des contorsions politiciennes.
 
            Je ne me fais d’ailleurs aucune illusion sur l’utilité de cette étude de texte détaillée. En revanche, elle édifiera ceux qui aiment comprendre. Vos comportements indélicats concernant mes élèves, ils seront destinataires de ce courrier.
 
            On ne peut plus sincèrement,
 
            Philippe Karl
 
            PS : Que l’avenir de l’ÉCOLE DE LÉGÈRETÉ ne vous inquiète pas. Les formations d’instructeurs se portent bien, en Allemagne, en Suisse, en Italie, Suède et Autriche. D’autres débuteront très prochainement en France, en Australie, en Angleterre, au Canada et en Afrique du Sud.


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